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Qui suis-je ?

Chanteur par vocation, à 26 ans je pars découvrir le chant diphonique auprès de B. Papizan, D. Tserendavaa en Mongolie. L'année suivante, je deviens l'élève du maître N. Sengedorj durant 3 années.

En 2017, à la demande d'une chorale, je propose un premier atelier de chant diphonique. C'est le début d'une passion pour la transmission.

Décidé à proposer une méthode accessible et ouverte, je m'intéresse à des approches complémentaires : technique vocale, chant lyrique, paysage sonore, yoga...

En 2019, j'intègre le chœur régional des jeunes "Inspirations" dirigé par Maud Hamon-Loisance et Nicolas Parisot en tant que basse.

En 2020, je participe à un workshop avec la chorégraphe Panda Von Proosdij pour travailler l'approche corporelle de la voix.

La même année, j'interprète à la télévision un chant traditionnel touvain sur le plateau de "The Voice".

Durant l'année 2021, je suis une formation certifiante en sophrologie caycédienne et intègre toute la richesse de cette méthode phénoménologique à mes exercices.

Je participe la même année à des stages de Pneumaphonie (Méthode Souffle & Voix de Wilfart) avec Marie-Paule Olek et Benjamin Grenard, ce qui confirme en moi l'intérêt d'avoir aussi une approche individuelle dans les stages.

En 2022, je m'initie au "Cantu a Concordu" en Sardaigne. Je reviens subjugué par la richesse des timbres sarde et l'expérience du chant à quatre. J'y retourne désormais régulièrement pour aborder aussi bien le chant de la semaine sainte que le répertoire dit pastoral ou de fête.

Cette expérience me porte à co-animer des stages autour des polyphonies traditionnelles aux côtés de Bertille Puissat (chants de Méditerranée), Damien Legrand (chants géorgiens) où j'apporte mon expérience sur l'écoute spectrale du son et la conscience du corps chantant.

Je rejoins le choeur Bitchebi avec Damien Legrand, Julien Labouche et Olivier L'hôte. Notre répertoire fait la part belle aux chants de Sardaigne et de Géorgie.

La même année, je décide de compléter mon approche issue de l'apprentissage traditionnel et de la transmission orale en m'imprégnant des richesses complémentaire de l'enseignement académique occidental. J'intègre le conservatoire de Grenoble, m'initie à la direction de chœur au auprès de Pascal Adoumbou et au chant lyrique avec Guilaine Brenier.

La même année, je continue ma quête des origines de la voix chantée, notamment par la recherche d'un ancrage dans une conception animiste du monde aux côtés de Iégor Reznikoff, spécialiste du chant chrétien antique et précurseur de la recherche en archéo-acoustique (interprétation des résonances rupestres).

Parallèlement, je crée le chœur "Volubil" avec des chanteurs et chef(fe)s de chœur de mon entourage. Nous abordons un répertoire ancien et contemporain de musique écrite.

La même année, je participe avec mon timbre guttural à la création "Bestiaire" du compositeur Arnaud Petit, avec le chœur de Radio France dirigé pour l'occasion par Simon-Pierre Bestion à l'Eglise Ste Eustache de Paris. Un incursion intéressante dans le "grand monde musical" de la capitale.

En juillet, grâce à une invitation opportune, je développe un module pédagogique et une suite d'exercices à destination des choristes qui fait le pont entre mes pratiques et que je nomme "de la diphonie à la polyphonie".

Le festival "Voix aux Fenêtres" me permets de créer un spectacle que je nomme "chants euphoniques". Ce solo reflète mon parcours entre expérimentations vocales et poésie acoustique.

Depuis 2023, avec Shubiao, Florent Diara et Yoan Richard, nous interprétons sur scène un répertoire de musique traditionnelle mongole mêlée d'influences dans le "Shubiao Quartet". Participer au développement de ce groupe constitue mon activité principale dès lors, entre concerts, répétitions, enregistrements et formation. Ainsi, le voyage continue plus près de chez moi... > Visitez notre site.
En 2026, je co-crée un premier stage avec le diphoneur et joueur de vièle-cheval Nemekhbayar Yadmaa afin de permettre aux stagiaires d'appréhender une approche authentique mongole, un répertoire vaste et des notions d'accompagnement instrumental.

Depuis mon premier souffle, la quête du chant m'entraîne sur les terrains de la création artistique, de la pédagogie, de la méditation et de la recherche avec un bonheur toujours renouvelé.

Au fil des expériences, je ne cesse de me rendre compte que l'approche mongole du son et de la voix, dans la verticalité du timbre, constitue un trésor pour les chanteurs de tous styles.

Au-delà de la technique pure, je m'attache à faire vivre l'esprit de ce chant en le transposant aux différentes réalités vécues.

Comment je me suis mis à diphoner

 

En écoutant pour la première fois un chanteur mongol en concert, j'ai d'abord été ébloui par la performance et submergé par la curiosité. En m'essayant à la technique, j'ai eu l'intuition que la voie du khöömii pourrait me permettre d'exprimer mon indicible et de cheminer intérieurement.

En 2015, grâce aux conseils de l'ethnomusicologue Johanni Curtet, je décide de partir apprendre sur place, en Mongolie. Je prends un congé sabbatique, achète un enregistreur, une paire de micros et pars à la rencontre de maîtres de chant dans la région de Hovd, à l'ouest du pays. Je passe quelques jours émouvants avec Papizan Badar dans sa maison perchée au bout du monde et fais mes premiers exercices techniques avec l'exigeant Tserendavaa Dashdorj et rencontre le sage Davajaav dans le village mythique de Candman. Le cœur rempli de gratitude et la tête pleine de rêves à mon retour, une seule envie : y retourner !

Durant mon second voyage, j'ai le bonheur de rencontrer le maître Sengedorj Nanjid et de devenir son élève. Durant ce long séjour chez lui au bord de la rivière Buyant, je me fais la promesse de revenir chaque été pour continuer mon apprentissage dans ce contexte traditionnel et proche de la nature. Cet enseignement, de technique et de sagesse mêlé, m'a profondément marqué.
Sengedorj est décédé en 2020. Désormais, il me tient à cœur de tracer ma propre voie dans la voix, simplement, tout en perpétuant l'esprit qui animait son chant.

Une rencontre qui a changé mon écoute

Ma rencontre avec le khöömii et avec la Mongolie a profondément influencé ma manière d'écouter et de penser la voix.

J'y ai découvert une tradition musicale qui ne peut pas être séparée de son histoire, de sa transmission et du rapport au monde sonore dans lequel elle s'est développée. Le vent, l'eau, les animaux, les vastes espaces de la steppe ne sont pas simplement un décor autour du chant : ils participent à un paysage sonore auquel le chanteur est attentif.

Cette rencontre m'a aussi fait prendre conscience de la valeur d'un héritage, et de la responsabilité qu'il y a à s'en approcher. Une tradition n'est pas seulement un ensemble de techniques que l'on pourrait extraire de leur contexte. Elle est le résultat d'une histoire, d'une culture et de générations de transmission.

Mais la Mongolie et la pratique du chant a aussi ouvert pour moi une autre porte, plus difficile à décrire. Une attention différente au son, aux silences habités, aux fils tendus par notre voix dans l'invisible et tout ce qui se passe en nous lorsque nous chantons dans un état d'écoute active.

Je reste assez pudique en stage sur cette dimension, précisément parce qu'elle touche à quelque chose que je ne prétends pas comprendre.

Il y a des phénomènes que l'on peut observer, décrire et parfois expliquer. Et puis il y a l'expérience elle-même, avec ce qu'elle peut avoir de troublant, de beau ou simplement d'inattendu.

Je me méfie des discours qui prétendent donner une explication définitive à ce qui nous dépasse. Mais je crois aussi qu'il serait dommage de vouloir tout réduire à ce que nous savons déjà.

C'est peut-être cette tension qui continue de m'intéresser : chercher à comprendre avec les outils dont nous disposons, tout en laissant une place à ce qui demeure mystérieux.

De retour dans mon propre contexte culturel, mes recherches m'ont ainsi conduit vers la technique vocale, l'anatomie, la physiologie de la voix, l'acoustique et la perception du son. J'ai cherché à confronter ces connaissances à la pratique, avec ma propre voix, avec d'autres chanteurs, dans l'enseignement et sur scène.

Aujourd'hui, ma manière de transmettre est nourrie de ces différents chemins : la rencontre avec la tradition mongole, des recherches personnelles, des connaissances issues de mon propre environnement culturel, et beaucoup d'expérimentation.

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Sengedorj 2019

Ум сайн амгалан болтугай

Répands-toi comme un torrent !

Submerge sous les flots de tout, du produit de tout, ce qui interroge, ce qui chante,

Fusionne et retient, exige et dévore le tout ;

Ce n'est plus avec des sons musicaux, ni avec des lèvres tendres que nous parlons,

Mais nous sortons de la nuit pour de bon, sans plus chercher à rendre nos voix persuasives,

En croassant comme des corbeaux dans le vent.

 

Walt Whitman (poète américain)

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